Le projet

La gestion algorithmique, qui englobe la direction, l’évaluation et l’optimisation numériques des processus de travail, prend de plus en plus d’importance tant dans les nouvelles formes d’organisation issues de la gig economy que dans les organisations dites « traditionnelles », où l’intelligence artificielle (IA) est utilisée pour suivre, catégoriser, évaluer et gérer les actions et les émotions des travailleurs.  

Le projet Workaround s’intéresse aux pratiques de contournement mises en œuvre par les travailleurs qui composent avec ces technologies de surveillance algorithmique, à travers les discours des développeurs de ces technologies, des organisations qui les adoptent ainsi que des travailleurs élaborant de telles pratiques, dans le contexte de trois technologies distinctes :   

  1. Les technologies de suivi des activités (bossware – terrain 1) 
  2. Les technologies d’évaluation des émotions (analyse de sentiments alimentée par l’IA – terrain 2) 
  3. Les plateformes de travail à la demande (crowdworking – terrain 3) 

Comprendre le phénomène de l’algo-surveillance via les pratiques de contournement 

Les technologies de l’IA et les modes de travail à distance gagnant en popularité, les travailleurs développent de nouvelles formes de pratiques de contournement (workaround) que ce projet aspire à mettre en lumière afin de mieux comprendre le phénomène de l’algo-surveillance. Avec ces trois terrains d’étude, nous cherchons à comprendre et à rendre visible le processus de développement des pratiques de contournement élaborées par les travailleurs qui font face à ces technologies de surveillance algorithmique. 

La méthodologie 

Le projet mobilise une stratégie méthodologique qualitative déployant une analyse discursive et de contenu des documents promotionnels et techniques associés du point de vue de leur conception et de leurs fonctionnalités. Il intègre des entrevues avec des développeurs et des gestionnaires impliqués dans le développement, la commercialisation et/ou l’utilisation de ces technologies ainsi qu’une étude ethnographique en ligne des espaces où les pratiques de contournement sont partagées. Il mobilise également des ateliers participatifs de type « rétro-ingénierie » avec des groupes de travailleurs qui développeront des pratiques de contournement pour essayer de comprendre et d’influencer les scores qui leurs sont attribués par les technologies étudiées.  

Cette recherche est subventionnée par le CRSH (2023-2026) et certifiée par le Comité institutionnel d’éthique de la recherche avec des êtres humains de l’UQAM.